Arnaud Mevel Kinésithérapeute logo

Prise en charge de la bronchiolite en kinésithérapie

Chers parents,

Ce petit article vous est destiné si vous souhaitez en savoir plus sur mes prises en charge spécifiques à la bronchiolite du nourrisson. Toutefois, beaucoup des principes décrits sont applicables à toutes les pathologies respiratoires pédiatriques.

Le rôle du kinésithérapeute

Les prérogatives du kinésithérapeute dans le cadre des pathologies respiratoires pédiatriques peuvent être résumées comme suit :

  • Surveillance : point le plus important, il monitore et renseigne l’évolution clinique de l’enfant à chaque séance. Lorsque la situation le justifie, il vous réfère au pédiatre, au médecin traitant voire aux urgences muni d’une note d’évolution (remise par email en ce qui me concerne) ;
  • Accompagnement : rassurer et conseiller les parents le temps de la guérison ;
  • Pédagogie : enseigner les techniques de désencombrement nasales et bronchiques aux parents lorsque la situation est plus chronique ou récurrente afin de prolonger l’effet des séances à la maison ;
  • Traitement : assurer le traitement de kinésithérapie respiratoire adapté à l’âge et à la pathologie de l’enfant ;
  • Indication : réévaluer constamment si la kinésithérapie reste indiquée (contre-indication ou résolution des symptômes). Par exemple, si votre enfant présente un stridor (témoin d’une obstruction des voies respiratoires hautes) ou une pathologie pleurale, la kinésithérapie n’est pas indiquée.

Options thérapeutiques en kinésithérapie

Dans le cas des bronchiolites, il n’existe guère qu’une poignée de techniques ayant fait leurs preuves sur le plan scientifique :

  • Certaines techniques de désencombrement manuelles (comme le drainage autogène assisté, une manoeuvre thoracique douce, dans le cas de la bronchiolite du nourrisson).
  • Les thérapies inhalées (nébulisation).
  • Le drainage rétro-pharyngé (mouchage traditionnel sur le côté) et rétro-rhinéal (reniflement pour désencombrer les sinus).
  • Un grand nombre de techniques « archaïques » sont malheureusement parfois encore pratiquées, comme le clapping, le tapotage, le drainage postural, ou l’accélération du flux expiratoire que l’on voit souvent dans les médias (exemple ici sur YouTube). Il n’existe pas de base scientifique justifiant la pratique de ces techniques, dont la violence sur l’enfant est par contre bien réelle. Par ailleurs, les techniques d’accélération du flux expiratoire (comprimer le thorax à l’expiration) posent un risque d’atélectasies, un phénomène sérieux dans lequel les petites voies aériennes se collent.

Dans le cas des pathologies respiratoires chez des enfants plus grands (en âge de suivre des consignes respiratoires), il existe un panel de techniques plus larges que je ne détaillerai pas ici.

Déroulé d'une séance de kinésithérapie

Je vous propose dans ce chapitre un survol de ma méthode de travail au cabinet. Cependant, celle-ci peut différer en pratique car je m’adapte à l’enfant en face de moi et à son état clinique. Par ailleurs, certains collègues pourraient travailler différemment, sans pour autant que la finalité soit moins qualitative. Il n’existe pas de recettes de cuisine.

  1. Ouverture de dossier et anamnèse parentale : la première consultation fait systématiquement l’objet d’un bilan clinique détaillé. Pour ce faire, je crée ou reprends le dossier de votre enfant avant de débuter celui-ci. Si c’est sa première consultation chez moi, cette séance durera souvent plus longtemps pour des raisons administratives. Une fois le dossier en ordre, la suite consiste à conduire l’anamnèse, c’est-à-dire une écoute active des raisons de votre consultation et de l’histoire de la maladie. C’est également l’occasion de répondre à toutes vos questions. Cette étape n’est plus à refaire lors des séances suivantes.
  2. Examen clinique : celui-ci comprend notamment une auscultation pulmonaire attentive, qui me permet de déterminer le bon traitement et de confirmer l’indication de kinésithérapie. C’est également un marqueur de progression utile, que je surveille de séance en séance, ou que j’utilise pour vérifier l’impact du traitement manuel éventuellement entrepris.
  3. Traitement : voir « options thérapeutiques » ci-dessus.
  4. Conseils thérapeutiques : il existe des conseils que tous les parents peuvent appliquer (voir à ce sujet « 10 conseils pour gérer une bronchiolite à domicile »), ainsi que des conseils plus spécifiques à votre situation qui seront discutés à ce moment.
  5. Indications de suivi :
    • Si une mise au point médicale est nécessaire, je vous réfère vers votre médecin traitant ou pédiatre via la remise de mon bilan que vous recevrez par email. Ainsi, toutes les informations sont en votre possession et le suivi reste fluide.
    • Si plus de séances de kinésithérapie se révèlent effectivement nécessaires, nous pourrons fixer immédiatement les prochaines rendez-vous.
  6. Clôture de séance : paiement de la séance et attestation des soins. A ce sujet, je vous recommande de consulter la page relative à mes honoraires si vous souhaitez consulter chez moi, car je ne suis pas conventionné.

Les conseils thérapeutiques

Une grande partie des effets des séances de kinésithérapie peuvent être prolongés grâce à un suivi adéquat à domicile. En fin de séance, vous devriez avoir clairement en tête les techniques à appliquer à domicile, ainsi que leur posologie. Si ce n’est pas le cas, demandez à votre kinésithérapeute de les clarifier avant de partir.

En attendant, je vous ai préparé un petit article reprenant mes 10 conseils pour gérer au mieux la bronchiolite de votre enfant à domicile, entre les séances de kinésithérapie si celles-ci sont indiquées.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

en_USEnglish